Il y a belle lurette que les vélos ont transcendé leur caractère utilitaire. Du module pour guidon purificateur d’air au cadre en papier en passant par le vélo ailé flottant, voici six innovations qui le prouvent par A+B.

« I want to ride my bicycle, I want to ride my bike… » Le refrain de Bicycle Race, tube international composé par le groupe Queen en 1978, aurait besoin d’un bon lifting. Au fil des années, les vélos ont été redéfinis, réinventés, réinterprétés et détournés de leur objet initial. De nos jours, ils purifient l’air, tiennent dans une valise ou glissent sur l’eau. Nous avons été séduits par six idées neuves qui vont rapidement ringardiser l’expression « deux roues ».

Smog Free Bicycle

Trois personnes conduisent des Smog Free Bicycles
Purificateur d’air : bobines de cuivre à l’intérieur d’une boîte fixée au guidon des Smog Free Bicycles.
Photo : Studio Roosegaarde

Entre les murs de son studio bâti en 2007, le concepteur graphique néerlandais Daan Roosegaarde brouille la frontière entre art et technologie. Indéniablement, ce presque quadragénaire a été séduit par la petite reine. Parmi ses projets, on retrouve une piste cyclable de 600 m de long entre Nuenen et Eindhoven. Baptisée Van Gogh Path, elle est jalonnée de lumières étincelantes qui recréent l’atmosphère de la célèbre Nuit étoilée du peintre hollandais.

Le dernier projet de Daan Roosegaarde est une collaboration avec l’entreprise chinoise de bike-sharing Ofo, qui propose une idée révolutionnaire : le Smog Free Bicycle aspire l’air vicié et rejette de l’air pur grâce à une petite boîte fixée au guidon. Elle contient des bobines de cuivre qui chargent électriquement les particules de l’air et les retiennent à l’aide de filtres.

L’inventeur a utilisé la même technique pour sa Smog Free Tower, qui peut nettoyer 30 000 mètres cubes d’air par heure sans dépenser plus d’énergie qu’une bouilloire électrique. Pour propulser les vélos en revanche, les deux jambes – et une certaine force musculaire – sont toujours nécessaires. On ne peut plus écoresponsable.

Obike

« Oh Boy ! », c’est l’expression qui vient aux lèvres lorsque l’on voit les conséquences du lancement des Obikes cette année. De Munich à Melbourne, des vandales ont jeté les vélos jaunes et gris dans les ruisseaux et les bassins portuaires, les ont empilés au bord des chemins, suspendus aux échafaudages ou encore hissés entre les branches d’arbres.

Comment un tel chaos est-il seulement possible ? Regrettable, mais prévisible : l’atout principal de la toute jeune entreprise de bike-sharing fondée début 2017 à Singapour est aussi son point faible. Obike ne prévoit pas de station fixe. Les vélos peuvent être loués et déposés partout. Ceci étant, l’avantage de la stratégie d’Obike est évident : les zones urbaines les plus reculées, souvent exclues des offres de partage, deviennent plus accessibles.

Les vélos peuvent être loués très simplement à l’aide d’une application pour smartphone. Obike enregistre les itinéraires grâce à un GPS intégré. Ceux et celles qui sont prêts à céder une partie de leur vie privée se laisseront tenter par le prix imbattable d’un euro la demi-heure pour profiter de cette alternative cycliste à temps partiel.

Greencode

Un vélo en papier recyclé ? Comment ne s’écrase-t-il pas sous mon poids ? Que se passe-t-il quand il pleut ? Greencode a l’habitude de répondre à ces questions. La start-up mexicaine teste son vélo écolo depuis quatre ans – avec grand succès. La version de ville GC1 est en vente sur le marché depuis le début du mois de novembre 2017. Elle coûte environ 140 euros. Bon marché, quand on sait qu’elle est presque entièrement composée de matières recyclées.

Le cadre du GC1, qui peut supporter jusqu’à 110 kilos, est en papier. Un revêtement spécial veille à ce que la pluie, même violente, n’attaque pas la précieuse armature.

Les pneus increvables sont en caoutchouc recyclé et à en croire les fabricants, l’emballage dans lequel le GC1 est livré peut lui aussi être transformé et intégralement réutilisé grâce à un ingénieux système de pliage.

Et quelle est la durée de vie d’un vélo en papier ? Les roues devraient pouvoir avaler 12 000 kilomètres. La mécanique tenir environ deux ans. C’est du moins ce que promet Greencode. Nous avons hâte de découvrir les résultats du premier essai de longue durée.

H1 – Hammerhead

Avec leur appareil H1, les développeurs d’Hammerhead prouvent que les GPS ne sont pas l’apanage des voitures. L’indicateur en forme de T est fixé au guidon et connecté par Bluetooth à l’appli Hammerhead installée sur ton smartphone. Une fois la destination saisie, ton trip à vélo passe au niveau supérieur. Encore plus fort : si tu n’as pas envie d’être seul en selle, tu peux inviter des amis à tagguer ton trajet. Et pour frimer après l’effort, il est possible de sauvegarder les itinéraires parcourus.

À droite ou à gauche ? Le navigateur indique la direction à prendre à l’aide de signaux lumineux. Des LED rouges, vertes et bleues orientent le cycliste. En ville ou au milieu de la nature sauvage, avec ce gadget il est impossible de se tromper de route.

Une cycliste équipée d’un GPS Hammerhead
Hammerhead présente : la génération future de GPS pour vélo.
Photo : www.hammerhead.io
Un cycliste utilise H1, conçu par Hammerhead
H1 est connecté à une application pour smartphone.
Photo : www.hammerhead.io

Cyclesigns

Son nom évoque un vin français, un nouveau logiciel, ou éventuellement une start-up. Pourtant, Thirroul est une ville australienne de l’État du New South Wales. C’est ici que le designer Trent Jansen a installé son studio et s’adonne à une discipline qu’il a lui-même baptisée « design anthropology ».

Quésaco ? Loin de nier l’imperfection humaine, cet Australien lui accorde une place d’honneur. Il définit son approche ainsi : « L’esthétique physique d’un objet est secondaire. Je m’intéresse principalement à la beauté d’une idée. »

La beauté du concept Cyclesigns est évidente : Jansen fabrique des catadioptres pour vélos (et des meubles) à partir d’anciens panneaux de signalisation. Deux de leurs propriétés en font de parfaits candidats à la revalorisation : la résistance de leur matériau de base, l’aluminium, et le revêtement réfléchissant intégré. Jansen utilise les panneaux dans l’état dans lequel il les trouve – leur usure fait partie de sa philosophie. Les réflecteurs Cyclesigns sont disponibles pour le cadre ou pour les rayons. L’élastique qui permet d’attacher le feu arrière est fait de caoutchouc issu de vieux pneus de vélo. Une évidence.

Hydrofoiler XE-1

Guy Howard-Willis, le fondateur de la start-up néo-zélandaise Manta 5, raconte : « Combien de fois avons-nous entendu les mots : ce que vous voulez faire est impossible ! Manque de chance, redéfinir l’impossible c’est mon dada. » Le résultat s’appelle Hydrofoiler XE-1. Il s’agit d’un vélo aquatique.

Empruntée à la construction navale, la technologie de l’hydroptère n’est pas nouvelle. Son développement date du XXe siècle. À grande vitesse, la coque émerge, le bateau étant complètement porté par ses foils (ailerons immergés). On dirait qu’il vole au-dessus de l’eau.

Disponible depuis le mois de novembre, Hydrofoiler XE-1 possède son lot de nouveautés. Résistant et léger, il est fabriqué en fibre de carbone. Un moteur électrique de 400 watts le propulse. Les Néo-Zélandais ont consacré six ans au développement de leur fringuant petit bolide. Notre avis ? La performance est convaincante, tous sens confondus.

Hydrofoiler XE-1 : un vélo sur l’eau
L’Hydrofoiler XE-1 est disponible depuis novembre.
Photo : Manta5
Un homme utilise l’Hydrofoiler XE-1 dans une piscine
À flot : des ailerons pour pédaler sur l’eau.
Photo : Manta5